L'affaire Klapahouk (retour au sommaire)
Sylvaine Je rêve souvent à mon papa décédé, cest très triste, très éprouvant, je sais quil est toujours là vers moi, je rêve quil est déchiré dêtre séparé de moi, quon va à léglise, quil est parti et moi aussi. Je rêve aussi que cest religieux, javais peur du diable, cest arrangé, toujours on me dit que quand je serai morte, jirai au ciel, et comme je sais que le ciel est Dieu, alors je me dis que je serai heureuse quand je serai morte et je prie pour que mon papa soit au ciel aussi Souvent je suis en guerre avec ma maman, elle ne veut pas me laisser libre, et aussi avec les gens de lhôpital, quils me laissent tranquille, mais comme jai besoin deux en même temps, je suis ridicule en fin de compte, mais je ne men rends pas compte, je ne suis pas assez intelligente, mais je parle jamais beaucoup, jattendais lheure de ma mort, pour être délivrée, aller au ciel. ( Hôpital André Breton ) |
Un inspecteur général de La Santé publique enquête à Saint-Dizier SAINT-DIZIER - Un inspecteur général de la Santé publique, le docteur Gentil, directeur général de lhôpital de Nantes, enquête, depuis hier, sur la crise qui a éclaté à lhôpital psychiatrique de Saint-Dizier, crise quon devrait appeler la mutinerie du service C plutôt que grève. Tout le monde, en effet, est à son poste. Simplement sept seulement des soixante-dix infirmiers et surveillants de ce service acceptent encore de travailler sous les ordre du médecin-chef, le docteur Klapahouk. Létonnant est que cette mutinerie est, sinon approuvée, du moins tolérée par ladministration. A lorigine de laffaire, un incident bénin, comme il sen produit fréquemment : le déplacement de deux surveillants dun service à un autre. Or, non seulement les deux surveillants refusent de sy soumettre, mais ils entraînent, derrière eux, le reste du personnel de leur service. De qui fait-on alors le procès ? Non des meneurs mais du médecin. Un indésirable et un perturbateur dit un notable haut-marnais. Un de ces notables quon voit dans toutes les commissions et qui croient pouvoir décider de tout, même de la guérison de la folie.
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Dossier de presse Dans le Monde du 15-11-1973, Francis Cornu présente sous le titre Des infirmiers qui ne croient pas à la psychiatrie, une synthèse du conflit qui opposa le médecin-chef au personnel de son service. Nous ne reproduisons pas cet article et préférons restituer lintégralité des articles de presse locaux qui introduisent mieux, dans leur succession insistante, au vécu du conflit marqué par ses inquiétudes et ses non-dits.
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