L'affaire Klapahouk (retour au sommaire)
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Le docteur Klapahouk, médecin-chef de lhopital psychiatrique départemental, est suspendu de ses fonctions SAINT DIZIER. - Le docteur Klapahouk, médecin-chef du service n° 3 de Ihopital psychiatrique de Saint-Dizier, est suspendu avec traitement dans lintérêt du service. Cette décision, que nous laissions entrevoir dès la semaine dernière, vient dêtre prise par le Ministère de la Santé publique. On se rappelle de lattitude plus quétrange de ce médecin qui avait rédigé, voici une quinzaine de jours, une très longue lettre adresssée au ministre de la Santé Publique, dans laquelle les problèmes réels de la psychiatrie moderne se mêlaient à des propositions totalement fantaisistes qui nauraient eu pour effet que daffoler les familles des malades et lopinion publique. Cette fameuse lettre contenait aussi des attaques très virulentes à lencontre de la direction et des administrateurs de lhôpital psychiatrique départemental, accusés de très mauvaise gestion. Mais cest vendredi dernier que le docteur Klapahouk a été trop loin. Ce jour-là, en effet, il a rendu public un certificat de quinzaine, pièce officielle et trés secrète, dénonçant les résultats de lexamen auquel sont soumis les malades arrivant à lhôpital psychiatrique. Cette violation du secret professionnel du médecin a eu un effet immédiat : la suspension avec traitement du docteur Klapahouk. A noter dans un encadré de lUnion qui na rien à voir avec laffaire de lhôpital psychiatrique, ce titre darticle dun goût douteux : Cest le Klapahouk partout . Ainsi de lEst à lUnion deux orientations se dessinent. Dun côté une vision critique progressiste qui conteste linstitution asilaire et pardonne bien volontiers au docteur Klapahouk quelques maladresses. De lautre une vision sans doute plus étroite des problèmes, donnant cependant la parole aux infirmiers grévistes mais sabritant par ailleurs derrière la défense des familles et de lordre. Les choses sont moins simples, lopposition Klapahouk/Infirmiers nest pas réductible à un rejet réciproque. On peut avancer sans risque quen deçà et au-delà des péripéties locales, ce conflit témoigne dans sa tension dune contradiction dont les deux pôles se nomment structure asilaire et sectorisation et que la mutation de lasile au secteur na rien dune innocente adaptation technocratique de la psychiatrie au monde moderne. Cette mutation met en mouvement des catégories sociales aux intérêts peut-être antagonistes et qui jusque-là étaient masqués et vécus comme dépendance et contrainte nécessaires dans lunivers clos et hiérarchisé de lasile.
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Dossier de presse Dans le Monde du 15-11-1973, Francis Cornu présente sous le titre Des infirmiers qui ne croient pas à la psychiatrie, une synthèse du conflit qui opposa le médecin-chef au personnel de son service. Nous ne reproduisons pas cet article et préférons restituer lintégralité des articles de presse locaux qui introduisent mieux, dans leur succession insistante, au vécu du conflit marqué par ses inquiétudes et ses non-dits.
Reprendre la lecture d'André Breton. |
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