...( ... ) ... Le travail à l'espace vert des jardins du C.A.T.
Sujet, verbe, complément.
Joris Mon rêve c'est quitter la France pour aller aux Etats-Unis, pour aller dans le quartier Brooklyn, je voudrais être garde du corps, d'une star en Amérique comme Maria Carey ou Britney Spears, que j'aime pas trop, mais c'est bien d'être garde du corps d'une star aux Etats-Unis. Mes combats, y en a plein ici que je peux pas encadrer, et sinon dans les quartiers. Mon combat personnel, c'est quand je vois les condés qui passent dans les ruelles, j'ai envie de balancer des pierres, parce que y a un gars que je connaissais bien, qui avait rien fait et qui s'est fait descendre. S.I.P. de l'I.M.E.
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Chapitre II L'arrivée au Front 2 mai - 11 septembre 1915 Après trois jours et trois nuits de voyage, nous débarquâmes le 2 mai au matin à Mourmelon-le-Petit. Pour arriver à destination nous avions pris le chemin des écoliers : Le Mans, Chartres, Orléans, Joigny, Sens, Montargis, Troyes, Connantre, Châlons-sur-Marne et enf¦n Mourmelon. Pendant la pause qui suivit le débarquement, un bruit sourd me f¦t soudain dresser l'oreille... c'était le canon, le premier coup de canon que j'entendais sur le front. A quand le dernier, me dis-je ? . Quelques instants plus tard nous nous mîmes en route pour gagner Livry-sur-Vesle, notre nouveau cantonnement. Pendant notre séjour à Livry qui devait durer près de six semaines, nous avions comme passe-temps une marche d'entraînement par semaine et les autres jours un peu d'exercice, juste ce qu'il fallait pour ne pas s'ennuyer ; sans quelques avions ennemis qui venaient nous rendre visite assez fréquemment et qui se faisaient canonner d'importance par nos artilleurs, c'eût été monotone. C'est là que, quinze jours après mon arrivée, Raoul Gallais, alors sergent au 117e, me fit l'heureuse surprise de venir me voir. Quelle joie de nous retrouver après dix mois de séparation ! Je n'arrêtais pas de le questionner sur les actions auxquelles il avait pris part et sur les péripéties, parfois émouvantes, qu'il avait traversées. Nous passâmes la soirée ensemble et, après un petit dîner organisé avec les faibles ressources du pays, il regagna Courmelois, à quatre kilomètres des lignes, où son Bataillon prenait son repos. J'eus l'occasion également de voir à différentes reprises Joseph Bouglé que j'eus peine à reconnaître avec sa barbe de sapeur, ainsi que François Foubert qui, lui, était cantonné au moulin de Louverey, 1500 mètres au sud de Livry. Le 13 juin, nous quittâmes Livry pour aller cantonner à Trépail, gentil petit pays situé au pied de la Montagne de Reims. J'eus la chance d'être logé avec mon escouade chez une brave dame, Mme Canot dont j'ai gardé le meilleur souvenir. Son mari était mobilisé, et elle avait près d'elle sa fillette Paulette âgée d'une dizaine d'années, et sa mère, une bonne vieille que j'appelais familièrement grand-mère ; au bout d'une semaine j'avais mes petites et grandes entrées dans la maison, vivant à la même cuisine, mangeant à la même table ; en un mot, j'avais l'illusion d'être en famille. Raoul Gallais, avisé par une carte, revint me voir et cette excellente dame Canot, prévenue de l'arrivée d'un de mes meilleurs amis, nous prépara un bon petit dîner qui nous sembla un repas de roi, allant même jusqu'à nous offrir du vieux Champagne, tiré des profondeurs de sa cave. Nous faisions bien d'en profiter car, hélas ! nous ne devions plus nous revoir... J'étais trop heureux à Trépail, aussi je me demande quel motif me poussa à quitter ces braves gens alors que rien ne m'y forçait. Au bout d'un mois, la compagnie à laquelle j'appartenais fut désignée comme devant fournir un peloton de cinquante hommes avec leurs cadres pour être mis à la disposition du Génie. Je n'étais pas compris dans le nombre mais, mon chef de section, le sergent Naies qui, lui, faisait partie du détachement me demanda si je voulais aller avec lui ; bien qu'étant aussi heureux que possible à Trépail mais avide de changement et d'imprévu, j'acceptai... mais c'est le cur bien gros que le 15 juillet je mis sac au dos pour aller à Sept-Saulx où se trouvait cantonnée la Cie 4/52 du 1er Génie que nous devions renforcer momentanément, mais, la décision était prise, il n'y avait plus à reculer. Nous arrivâmes à Sept-Saulx dans l'après-midi et dès le lendemain matin nous partions au travail du côté de Courmelois. Ce travail consistait à abattre des arbres que nous transformions. Les petits en piquets les gros en rondins, et il fallait en abattre ! car le Capitaine Hilaire, vieux marsouin brûlé par l'absinthe et le soleil d'Afrique ne badinait pas sur la consigne ; son mot d'ordre n'était pas Des canons ! des munitions ! comme Charles Humbert, mais Des piquets ! des rondins et toujours des rondins ! . Et il répétait cela au moins cent fois par jour... quel type ! Comme caporal j'étais simplement chargé de la direction d'une équipe, ce n'était pas trop fatigant. Deux jours après mon arrivée à Sept-Saulx, je fis connaissance avec les obus ; seulement, cette première impression, désagréable, fut grandement atténuée par un incident comique qui se produisit au même moment. Nous logions dans la ferme de Sept-Saulx située au nord du pays et à environ quatre kilomètres des lignes et, ce matin-là, la compagnie rassemblée dans la cour, attendait l'ordre du départ pour le travail. Un poilu, éprouvant le besoin... d'aller prendre l'air, était allé à une cinquantaine de mètres dans la plaine ; le premier obus arrive, éclate à une centaine de mètres sans causer aucun dégâts, mais nous laissant quelque peu surpris car nous ne nous y attendions pas ; en moins de temps qu'il ne faut pour l'expliquer, voilà mon poilu qui rapplique à toute vitesse, tenant son pantalon à pleines mains, bannière au vent et l'air si ahuri qu'un immense éclat de rire l'accueillit ; inutile de dire si les quolibets pleuvaient dru sur lui, augmentant encore sa confusion ; pour mon compte, j'en oubliai totalement les obus qui, cependant, continuèrent à pleuvoir pendant quelques minutes ; il est vrai que j'eusse eu grand tort de m'en tracasser, j'étais appelé à en voir bien d'autres !... Le lendemain, 18 juillet, nous quittâmes Sept-Saulx pour aller cantonner à Villers-Marmery. Nous abattions des arbres dans la forêt de la montagne de Reims ; c'était la bonne vie, les cuisiniers nous apportaient la soupe du matin dans la forêt, nous prenions notre repas en plein air, c'était charmant, le soir nous rentrions à Villers coucher sur de la bonne paille fraîche, nous étions aussi bien qu'on peut le désirer à la guerre. A Villers je n'étais éloigné de Trépail que de trois kilomètres et demi ; aussi en profitai-je à différentes reprises pour retourner voir Mme Canot et Grand-Mère, où j'étais naturellement bien accueilli. Au bout d'un mois, nous quittâmes le Génie pour aller retrouver à la ferme d'Alger notre bataillon qui, ayant quitté Trépail depuis quelques jours, exécutait des travaux de défense sur la 3e position. Seulement arrivés le 15 juillet au soir à la ferme d'Alger, nous en repartions le lendemain matin pour retourner d'où nous venions, nous avions fait les kilomètres en pure perte, tout cela par la négligence d'un bureaucrate quelconque qui avait omis de nous transmettre l'ordre de ne pas bouger de Villers - Marmery jusqu'à nouvel ordre et nous voilà encore pour un mois à faire de nouveau: Des piquets ! Des rondins ! . Enfin le 15 septembre, nous rejoignîmes définitivement notre bataillon aux Grandes-Loges ; cinq jours plus tard, nous quittions ce pays pour aller de nouveau cantonner à Livry-sur-Vesle mais, l'offensive de Champagne approchant, nous ne devions pas y rester longtemps. |
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LE PAGURE DIT : J'AI BEAUCOUP CONNU Le général Éblé distance Papillotes Les incompatibilités d'humeur suivant l'astronomie Une personnification de Bonjour L'ivresse triste des dégustateurs À présent je me balance sur la chute des feuilles et je dors la tête dans les plumes comme une casserole Tout m'est indifférent depuis les signaux singuliers où s'affirma la jalousie de la poussière André Breton et Philippe Souppault in « les champs magnétiques »
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