L'atelier de sérigraphie est installé dans une salle de l'hôpital de jour.













Claude Lafargue, infirmier. Il a mis en place le réseau d'accueil des patients à l'extérieur de l'hôpital.

















Le symbole de son métier fut pour Laage un trousseau de clefs gigantesque tenu par une chaîne comme il en avait l'obligation.







Antoinette:

« Je rêve dans mes débuts de sommeil, je suis sur une plage, il fait bon, il fait chaud, être dans la nature. Les cauchemars, c'est dur. En guerre?, contre la paresse, la méchanceté, je voudrais que toiut le monde soit heureux main dans la main. »

Hôpital André Breton.



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Le nationalisme au lycée


Quand André Breton écrit Sujet à Saint-Dizier, il vient de faire la rencontre d’un jeune homme persuadé que la guerre n’est qu’un simulacre. Le poème Sujet raconte ces morts et blessés déposés sur de faux champs de batailles, aux blessures maquillées derrière les pansements, visions dont lui fait part ce jeune évacué du front retenu à l’hôpital psychiatrique.


“ J’ai enjambé, c’est vrai, des cadavres. On en pourvoit les salles de dissection. Encore un bon nombre d’entre eux pouvaient-ils être en cire. La plupart des blessés avaient l’air content. Quant à l’illusion de sang versé…” (Sujet )


Mais Sujet n’est pas seulement la rencontre du surréalisme avec son matériel premier que sont les rêves et les associations d’idées incontrôlées. Il s’inscrit dans la Grande Guerre, “ ce temps de baillons sur toutes les bouches, sinon de bandeaux sur tous les yeux “ (André Breton, Entretiens). À travers la parole de l’insensé, André Breton explicite une époque mercenaire qui n’hésite pas à précipiter “ ces jeunes gens dont j’étais dans un cloaque de sang, de sottise et de boue. ”


“ Les grands quotidiens semblent pressés d’obtenir que je me donne de tout cœur. Il faut voir comme, perdant toute mesure, leurs communiqués s’ingénient à éveiller ma passion. ” (Sujet).


Beaucoup de propos tenus plus tard par André Breton confirme que Sujet est une réponse à “ l’effroyable fait de la guerre “ ; quand il évoque “ les poètes dont le premier soin fut d’épouser le moral de la nation (les Régnier, les Claudel, les Péguy) et d’entonner le Gloria de circonstance “, ou quand André Breton affirme qu’il n’avait pu trouver de quoi “dominer la situation” chez ceux qu’on pouvait juger en être capables : “ Qui se trouverait aujourd’hui le courage de relire les articles que purent alors commettre les Barrès ou les Bergson ? Le nationalisme n’avait jamais été mon fort “ (André Breton, Entretiens).


Pour interroger la présence d’André Breton à Saint-Dizier, il fallait donc s'installer dans cette autre institution, l'Ecole Publique, qui joua avec persévérance le premier rôle dans la constitution de la passion nationale, dès ses premiers jours. André Breton nous y conduit en rompant avec le verbe sacré de la Nation. À la recherche de “forces vives”, le Conseil de Guerre évacue les soldats atteints de troubles mentaux vers les hôpitaux du front pendant que le maître d’école encourage ses enfants au sacrifice national. Contre les vrais fous de guerre, André Breton écrit Sujet. L'exposition présentée au lycée Saint-Exupéry a voulu saisir l'humeur guerrière qui envahit la salle de classe et le monde de l’enfance, et contribuer à l’histoire encore ouverte de la pensée nationale.

Les matériaux qui suivent (textes, citations et extraits de manuels scolaires, de cahiers d’école, etc. ) ont servi à réaliser les dix affiches qui ont recouvert un temps les murs d’une classe du lycée Saint-Exupéry.

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Claude Lafarge.








Daniel Laage




Le dialogue créole

Entre André Breton et André Masson (extrait)

"- Tout est à réinventer, je le crois et je pense au manque intolérable qui résulterait d'une trop grande unification du monde. Un monde où il n'y aurait plus rien à réinventer? La fin du monde.

- Ecoute...

- Nos amis l'appellent le siffleur des montagnes, écoute : il²s sont plusieurs et leurs chants conjugués composent autour de la belle liane en forme d'étoile que nous allons avoir peine à cueillir, une aura mélancolique."

Extrait de Martinique, charmeuse de serpents (1948, Jean-Jacques Pauvert 1972)

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