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Un parcours reliant tous les quartiers
Notre désir, en voyant cette séparation, était d'imaginer un parcours qui relierait tous les quartiers et que les gens de Saint-Dizier qui y participeraient feraient le tour de toute la ville. Première station On partait du centre ville pour les emmener dans le vieux quartier ouvrier pour faire une présentation du bâti et y projeter un film sur cette génération de travailleurs qui a connu la transition des voyottes aux nouveaux pavillons. Deuxième station On les emmenait au Vert-Bois où était diffusé un film sur les jeunes maghrébins d'aujourd'hui ayant grandi dans ce quartier. Troisième station On emmenait ces gens toujours en autocar dans le centre-ville, dans le théâtre délabré en face de la mairie écouter ceux qui ont eu un projet pour la ville ou qui ont réfléchi dessus : le dernier patron, encore patron de sa forge à Saint-Dizier (André-Robert Dehaut), un philosophe (Vergely), l'évèque d'Evreux, Gaillot, dont la vocation est née là, ses parents étaient commerçants près de la chapelle de ladoration perpétuelle, un curé (Humblot)... La culture de la séparation est tellement forte qu'André-Robert de Haut est venu accueillir les passagers du bus sur les marches du théâtre, à côté des pièces que fabriquent ses usines, exposées sur la place centrale. C'était une situation de théâtre dans la ville. Le guide de l'exposition expliquait d'où venaient ces pièces et annonçait qu'on pouvait poser des questions sur leur fabrication au contremaître de cette usine. Il s'est trouvé une femme qui a hurlé : «Et mon mari, il pourrait pas répondre à ces questions ? Cela fait trente ans qu'il fabrique ces pièces. » Quatrième station Puis, on ramenait les visiteurs dans le gymnase d'une MJC du Vert-Bois où étaient disposées des productions liées à l'imaginaire de cette cité. En l'espace d'une journée, on essayait de lier des paroles ancrées dans chaque quartier, paroles qui ne se rencontrent que violemment. Dans notre démarche, on essaie de travailler sur la transversalité : il y a des coupures, des frontières violemment antagoniques qui sont mis en scène. |