Une
ville qui parle aux sens
PATRICK
- Je pars du Collège de La Noue. Je vais chez le boulanger
chercher du pain.
NICOLAS
- Il y a une grande pièce, un fournil. Il y a un boulanger
avec une pelle en bois. Il enfourne son pain blanc. Jentends
le pétillement des flammes et le grésillement du
pain qui sort du four. Il y a une odeur de pain chaud et un
parfum de gâteau aux fruits. Il y a lodeur des
croissants chauds qui sortent du four. Le boulanger met ses
baguettes dans des chariots quil met dans le camion qui
renferme les odeurs du pain chaud et le parfum des gâteaux.
SAID
- Ensuite je vais devant léglise regarder ses
sculptures.
LAURIE
- Je vois le prêtre dans léglise de La Noue.
Il est âgé, il a des cheveux gris, il est à
genoux devant lautel en train de prier, il tient la Bible à
la main. Il est habillé dune soutane blanche et
dune écharpe rouge brodée de fils dorés.
Ça sent la poussière, lhumidité,
lencens. Jentends les pigeons qui roucoulent, les pas
dune paroissienne qui entre dans léglise, le
cliquetis de lencensoir. Au dessus de lautel il y a
des vitraux qui représentent Moïse lisant les Tables
de la Loi et Saint-Michel affrontant le dragon.
DAVID
- Ensuite il y a une rue qui descend le pont de Vergy. A
lentrée du pont il y a mon marchand darticles
de pêche préféré. Le pont était
très utile avant pour les pêcheurs parce que les
vannes étaient fermées, il y avait des remous et
dans ces remous il y avait des gros brochets. Mais maintenant les
vannes ne fonctionnent plus, et il ny a plus beaucoup de
poissons. De lautre côté il y a une ruelle qui
mène à lusine Debourdeau mais il y a beaucoup
de pêcheurs qui y viennent. Je vois un pêcheur. Il y
a des arbres partout autour de lui. Il y a lusine
Debourdeau. La rivière est agitée, il y a des
remous, des tourbillons. Le pêcheur a une trentaine
dannées. Il est vêtu de kaki. Il a du mal à
remonter le brochet. Il maintient la canne à pêche
dune main et de lautre il essaie dattraper le
poisson. Il est très ennuyé car il voit que
lhameçon est piqué sur le bord de la gueule.
Il tire de plus en plus fort. Il rentre sa main dans les ouïes.
Il serre très fort. Il remonte le poisson. J'entends les
canards qui cancanent, les grillons qui stridulent de temps en
temps, le clac-clac des brochets qui essaient
dattraper des petits poissons. Près de leau ça
sent la vase.
LAURIE
- En partant, jentends dénormes bruits de
tôles. Japerçois un routier en train de ranger
des tôles tombées de son camion.
SAÏD
- Je vois un chauffeur-routier. Il monte dans sa remorque pour
aller débâcher, pour aller vider ses tôles,
des tôles pour mettre sur la toiture, des tôles de
couverture. Il décharge chez Debourdeau, rue du Puits
Royau. Il y a plein de colis par terre. Il y a un Fenwick pour
décharger. Une tôle cest lourd. Le camion est
un Renault Major 385ti blanc immatriculé 5678 QH 55, et sa
remorque 86 MD 55. Jentends le ronflement du Fenwick.
Jentends le cri des ouvriers qui veulent dire où il
faut vider. Jentends le fracas des tôles qui tombent.
Je sens lodeur du gasoil du Fenwick.
CEDRIC
- Après je vais à la menuiserie voir le
menuisier pour mon meuble sil est fait. Je vois le
menuisier, il est habillé avec un tablier, il a des gants,
il tient une ponceuse, il ponce sa table, à côté
de lui il a un pinceau et du vernis, il y a une scie, il est dans
une pièce avec beaucoup de meubles et un bon éclairage.
Il est debout, il est penché sur la table, il a une
cigarette, son paquet est par terre, son briquet est un BIC. Ça
sent le vernis, la peinture, la cigarette. Jentends le
vrombissement dun train qui passe à côté.
Jentends les Jaguars de la Base 113 qui passent à
cinquante mètres de nos têtes.
PATRICK
- Après je vais au Skate-park faire du roller.
BRICE
- Au Jard, en plein milieu du Skate-park, je vois un garçon
qui fait du roller. Il va très vite pour monter sur un
tremplin. Il a dix-neuf ans. Il a des cheveux blonds et des yeux
bleus. Il est assez grand. Il a des habits très larges
avec des protections aux poignets, aux genoux, il a un casque et
des coudières. Ses rollers sont noirs avec des roues
transparentes bleues, avec des grands lacets, et ils coûtent
mille francs environ. Plein de gens le regardent, petits et
grands, ils sont derrière des barrières vertes. Il
y a plein de feuilles par terre emportées par le vent.
Elles se frottent les unes contre les autres avec un bruit sec.
Il y a une odeur de fleurs.
PATRICK
- Après je vais à la toiletteuse faire tondre mon
chien.
LUDOVIC
- Je vois la toiletteuse de chiens en train de tondre un caniche
royal. Elle est près de la porte dentrée,
près de la baignoire et du comptoir. Elle est de taille
moyenne, plutôt fine. Elle est brune, elle a des yeux
verts. Elle est habillée avec une grande blouse blanche.
Elle tient la tondeuse de la main droite, le caniche de la main
gauche. Le chien ne se laisse pas faire. Jentends la
tondeuse bourdonner et le ronflement du séchoir. Il y a
une odeur de crotte et de parfum.
LAURIE
- Puis en sortant de la toiletteuse je vois un camion de MIKO
passer. Alors je le suis pour voir comment est lusine.
JONATHANE
- Je vois un routier dans sa cabine. Je vois son camion. Je vois
sa remorque où il y a écrit MIKO. La remorque est
jaune, la cabine est rouge. Le routier tient le volant de la main
droite, le bras gauche accoudé à la portière.
Je sens lodeur du moteur qui chauffe, une odeur de
plastique fondu. Jentends les freins grincer. Jentends
les vitesses couiner. Jentends le grincement de la
remorque. Le chauffeur pense où il doit livrer. Il pense à
ses vacances devant la mer.
LUDOVIC
- Je vois le canal de lautre côté.
SAID
- Le chauffeur-routier part de la zone industrielle de
Trois-Fontaines.
JEROME
- Dans la Zone Industrielle de Trois-Fontaines, je vois un
chauffeur qui conduit, il est assis. Je le vois habillé
dune cotte et dune casquette. Il tient son volant
avec sa main droite, et de sa main gauche il règle la
radio. Et il regarde la route. Il entend de mauvaises nouvelles à
la radio. Ça sent lodeur de gasoil et de la fumée
et de lhuile. Jentends plusieurs personnes crier. Il
klaxonne à cause de quelquun qui a eu un accident de
voiture. Je sens quil va y avoir de la pluie.
FABIEN
- Je vois un pompier. Il a un casque qui recouvre tout son
visage. Il est habillé de cuir. Il est entouré de
flammes. Il sort dune maison en feu. La maison se trouve
rue du Canal de la Forge. Il protège dans ses bras un
jeune enfant. Le pompier court jusquau camion où il
dépose lenfant sur une civière. Je sens une
odeur de brûlé comme de la suie de cheminée.
Je sens lodeur de transpiration. Ses vêtements lui
collent à la peau comme une combinaison de plongée.
Jentends les pleurs dune femme qui vient de tout
perdre en quelques instants. Jentends les sirènes
des camions de pompier.
FABIEN
- Je pars de la caserne des pompiers. Je marche dans la rue
de la Tambourine. Sur ma gauche, je vois deux usines lune
contre lautre.
YANNICK
- Je vois un mécanicien de maintenance qui répare
un four avec des clés plates et des clés à
pipe pour serrer des boulons, avec des tournevis pour visser et
dévisser. Il est habillé dune cotte bleue en
tissu. Il est dans une usine sale avec des copeaux en métal
par terre. Jentends les marteaux qui tapent, les clés
qui crissent. Les machines font du brouhaha. Il y a une odeur de
graisse. Je sens des odeurs dhuile, dessence, de
white-spirit.
AMELIE
- Je passe à lusine ETILAM pour voir mon père
pour lui donner ses sandwiches car il les avait oubliés.
Ensuite je vais au garage du carrossier. Je vois une grande
pièce, des machines, des pistolets de peinture, deux
voitures. Cest le garage Volkswagen situé sur la
route de Bar-le-Duc, après le pont de la R.N 4, à
côté du marchand de caravanes. Je vois les
carrossiers, ils sont courbés, ils sont en train de
redresser la tôle dune porte. Un carrossier est
grand, avec une moustache, il a des cheveux brun frisés.
Lautre est petit et gros. La première voiture est
une Mercedes, elle est de couleur rose métallisé.
La deuxième voiture est une B.M.W trois portes, elles est
de couleur noir brillant, avec un dessin Oxbow sur le
pare-brise arrière. Jentends le bruit des voitures
qui entrent. Jentends les pistolets de peinture, les
marteaux. Je sens la peinture, le polish, le mastic, le fer
poncé. Je vois que la blouse toute blanche du carrossier
est brûlée par le fer à souder, elle a des
taches de peinture. Je vois aussi quil a des chaussures de
sécurité.
JOHAN
- Je traverse le centre commercial du Vert-Bois.
JULIEN
- Je vois un boulanger. Je vois quil roule la pâte
à pain. Je vois quil est debout. Je vois quil
y a du pain dans le four. Je vois que la salle est éclairée.
Je vois que la salle est propre. Je vois plein de machines
derrière lui, le pétrin et la diviseuse. Jentends
les clients parler par la porte du magasin. Jentends les
voitures par la fenêtre. Jentends le ronflement du
pétrin. Je sens lodeur du pain chaud et des
croissants. Je sens lodeur de la farine.
JOHAN
- Puis je vais dans le bois me promener. Après je vais à
la piscine du Vert-Bois, puis je vais au terrain de la M.J.C pour
jouer au foot.
JEREMY
- Sur la R.N 4, je vois un routier en train de faire la grève.
Il y a beaucoup de camions autour de lui. Autour de lui il y a
dautres routiers. Il y a une affiche, cest marqué
Les routiers en grève. Il y a une tente pour
sabriter. Il y a un tonneau avec du feu à
lintérieur. Il y a des étrangers : Espagnols,
Allemands, Italiens, Belges, ... Les routiers bloquent les
camions seulement. Il y a des caisses pour sasseoir. Ils
ont tout prévu : la nourriture, les habits. Près
des camions ça sent le gasoil. Ça sent aussi le
pneu brûlé. On entend le bruit des moteurs. Il y a
une usine au loin.
YANNICK
- Je vois un routier qui est chez le barman en train de boire une
bière.
JOHAN
- Je vois un barman en train de servir un diabolo menthe à
un jeune homme quil connaît bien. Je vois quil
met largent quil vient de recevoir dans le
tiroir-caisse. Je vois la façon dont il est habillé.
Il porte un gilet, un pantalon, et des mocassins noirs. Je vois
quil porte son carnet de commande avec son plateau. Je sens
lodeur du café, de la pizza, des hamburgers.
Jentends de la musique, le bruit des discussions des
clients, le brouhaha des voix.
YANNICK
- Puis je repars chez un mécanicien auto.
WILLIAM
- Je vois le mécanicien dautomobile. Il est assis
par terre dans son garage. Il a une blouse bleue. Il a tous les
outils dans ses mains et dans ses poches. Jentends le bruit
des machines et des voitures. Il y a des bruits de marteaux. Il y
a le bruit des démonte-pneus. Il y a un contrôleur
de freinage. Jentends le grincement du cric rouleur.
Jentends le ronflement de la station de vidange-graissage.
Jentends le crissement de la scie-à-métaux.
Je sens lodeur de lhuile et de lessence.
JULIEN
- Je passe devant une boucherie. De lautre côté
il y a une pizzeria.
PATRICK
- Je vois le cuisinier dans sa cuisine avec une blouse blanche et
une toque et son pantalon noir. Il est en train de découper
un gros saumon pour ses clients. Il est en train de mijoter une
poule-au-pot dans une marmite. Jentends le ronflement du
couteau qui découpe le saumon et le sifflement de la
cocotte qui cuit la poule-au-pot. Jentends le souffle des
grosses hottes et aussi le bruit des assiettes et des couverts.
Je sens lodeur du poisson qui cuit, le fumet de la
poule-au-pot. Je sens la chaleur qui sort de la grosse hotte.
JULIEN
- Il y a des gens qui jouent à la pétanque sur
la place de La Noue. Sur cette place il y a des arbres, des aires
de jeu pour les enfants, des massifs de fleurs.
Quatrième
T, Collège de La Noue.
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