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La Marne.
Le dimanche, souvent, je vais avec mes enfants au Jard, le parc où passe la Marne. Quand je les amène au bord de la rivière les enfants sont bien contents et moi je suis tranquille parce que moi aussi je trouve certain plaisir avec le bruit de leau qui me fait une rupture des idées circulaires qui me reviennent toujours pour me rendre triste et dont je peux me débarrasser seulement au bord de la Marne. La fille, des fois, cueille les petites fleurs au bord de la rivière et après elle met ses pieds dans leau et regarde leau. Il me semble quelle peut rester jusquà la nuit, elle nen a jamais assez. Devant notre maison, en Yougoslavie, il y avait une rivière. Ma fille avait seulement cinq ans mais elle se rappelle très bien de ça. Elle me dit : Papa, jaime beaucoup cette rivière parce que ça me rappelle la rivière Ibar. Le garçon reste toujours à côté de moi pour me faire plaisir et pour discuter. Il me dit quil a appris à lécole que la Marne était loin et quon la ramenée pour traverser la ville. Il me demande pourquoi. Je réponds : Tu vois comme nous sommes heureux ici. Une ville sans mer, sans rivière, cest triste. Cest pour ça que dans chaque ville du monde, si la ville est loin de la mer, on amène une rivière. Le garçon aime beaucoup parler de la science. Les deux enfants jettent des pierres à la surface de la rivière. La pierre fait plusieurs sauts avant de plonger dans leau. Ils me demandent pourquoi la pierre saute. Nous abordons dautres sujets. La biologie. Lexistence de leau. La vie. A cause de notre présence au bord de cette rivière. Après nous longeons la Marne en regardant les poissons sauter, en écoutant le chant des oiseaux sur les arbres. A la fin nous sentons un repos complet, physique, spirituel. Nous rentrons gais à la maison. Nous disons merci à celui qui a amené cette rivière en pleine ville.
Mohamed Nouidjem.
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