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Règlement des usines Dépensier et Moreau
Règlement intérieur, rédigé en 1865, dune usine à vapeur de Saint-Dizier, spécialisée dans la production de serrurerie et quincaillerie pour meubles et bâtiments. Elle était située sur les bords de la Marne, dans le quartier de La Noue.
Lordre et la discipline sont les premières bases de létablissement dun atelier et de sa prospérité ; ils donnent à l'ouvrier laborieux la certitude d'y trouver les garanties d'un bon travail. C'est dans ce but que le présent Règlement a été fait.
Art.1. Tout ouvrier, pour être admis dans la fabrique, doit être muni de son livret, suivant les règlements de police. Art.2. Les journées, à dater du 1er avril jusqu'au 30 septembre, commenceront à 5 heures du matin et finiront à 7 heures du soir ; à dater du 1er octobre, jusqu'au 31 mars, à 6 ou 7 heures du matin, suivant le jour, jusqu 'à 8 heures du soir. Art.3. Il n'y aura qu'une heure de repas [...] Art. 4. L'ouvrier qui, un quart d'heure après le son de la cloche, le matin ou après le repas, ne sera pas rendu à la fabrique, encourra 25 centimes d'amende. Art. 6. Sont formellement interdits les chants, les conversations politiques ou autres, propos légers sur les murs et la religion, les querelles, rixes, et généralement tout ce qui serait de nature à troubler l'ordre et les ouvriers dans leur travail, sous peine d'une amende de 25 centimes à un franc. Art. 8. Il est également défendu d'introduire dans la fabrique ni boisson, ni liqueurs ; toute infraction sera punie par un franc d'amende. L'ouvrier qui se présenterait ou serait trouvé ivre dans l'atelier paiera aussi un franc damende Art. 10. [...] Tout ouvrier qui se trouverait en possession d'un nombre de pièces plus grand qu 'il ne faut pour compléter son ouvrage, ou même de pièces qui ne lui seraient pas nécessaires, ou qui les jetterait à terre, sera passible d'une amende de 25 centimes. Art. 11. Le produit des amendes est réservé à la formation d'une caisse de secours destinée à venir en aide aux ouvriers qu'un accident ou une maladie rendrait momentanément incapable de travailler. [...] Une seule pensée nous guide en établissant le présent règlement : faire connaître à chacun ses devoirs et rendre plus amicaux les rapports entre tous, ouvriers et patrons. Nous n 'avons qu 'un but, non celui de nous imposer pour froisser l'ouvrier, mais celui de lui prouver que nous tenons à son bien-être et nous voulons lui assurer un travail constant et assidu, et par suite, gagner les sympathies de tous.
Source :
Archives municipales de Saint-Dizier. Série VII F 2. Extrait de Enseigner le patrimoine industriel : le cas de Saint-Dizier (éd. CRDP Champagne Ardennes).
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