La première pièce est coulée.

Article paru dans le journal de la Haute-Marne:

Premier bras de fer autour du projet ouvrier.

Après s'être intéressé à la ville, à la religion et aux pères, l'association l'Entre-tenir axe son projet culturel 2002 sur les ouvriers. Hier, au lycée Blaise-Pascal, on a commencé à couler un élément d'une statue en devenir.

Un bras de fonte. Quoi de mieux pour symboliser la classe ouvrière, et plus particulièrement celle de Saint-Dizier. Un tel élément a été réalisé, hier matin, dans les locaux du lycée Blaise-Pascal, au Vert-Bois. Premier pas du long cheminement qui devrait aboutir à l'automne au nouveau "projet de ville" 2002 de l'Entre-tenir.

Après s'être intéressé à la ville de Saint-Dizier et son urbanisme, aux rites religieux de ses habitants ou aux figures paternelles locales ( à l'automne ), l'association présidée par le libraire François Larcelet, s'oriente cette année sur un travail autour de la mémoire ouvrière.

Aux frontières de l'intervention culturelle et de l'action sociologique ou ethnologique, ce nouveau projet réunit toujours la même équipe, dont l'écrivain Michel Seonnet, la plasticienne et illustratrice, Katy Couprie, le réalisateur vidéo Stéphane Gatti et le réalisateur sonore Benoît Artaud. Les trois derniers étaient d'ailleurs présents hier matin lors de cette coulée inaugurale.

Sculpteur canadien.

Mais à chaque projet est aussi l'occasion d'échanges, de rencontres et de nouvelles ramifications dans ce réseau culturel atypique.

Cette fois, c'est un peintre sculpteur canadien qui rejoint la bande. Originaire de Montréal, installé en France depuis 1987, Martin Bruneau est l'artiste chargé de la création de la statue qui a commencé à naître hier.

Les premières esquisses de l'oeuvre dévoilent un corps démembré et illuminé de l'ntérieur. "C'est dans le ligne directe de mon travail de sculpture, explique Martin Bruneau. On est habitué à voir des statues d'hommes en pied, à tel point qu'on ne les remarque même plus. Ici, en découpant séparément, on crée une perturbation, une gêne... qui incite le passant à s'interroger.

Les élèves impliqués.

L'autre idée, initiale, était d'impliquer __ à côté des milieux industriels __ l'Education Nationale. C'est ainsi que les élèves du lycée Tinqueux à Reims, réaliseront les pieds en bois tourné, appelés à supporter les éléments du "corps" de Martin Bruneau.

Et les élèves de la section fonderie de l'établissement du Vert-Bois sont donc amenés à effectuer les coulées des diverses parties de la statue. En parallèle, Stéphane Gatti et sa caméra et Benoît Artaud et son micro enregistrent témoignages et impressions des jeunes, en vue du futur travail audio visuel qui accompagnera le projet Entre-tenir 2002.

Hier matin, ils étaient quatre, apprentis en alternance en section Bac Pro, à participer à l'opération. Après la réalisation des bras, la tête devrait être coulée le mois prochain, par des élèves d'une classe de génie des matériaux de Blaise-Pascal.

Restituer la création aux Bragards.

Professeur de génie des matériaux, Denis Véga, a été enthousiasmé d'entrée sur ce projet culturel __ une première pour lui: "Pédagogiquement, c'est bien, car cela permet d'associer deux classes. Et puis cela démontre aussi que la fonderie ne se limite pas à de l'ébarbage ou du meulage."

"L'intérêt, souligne Martin Bruneau, c'est que contrairement à la démarche industrielle, où les ouvriers __ ou ici les élèves __ réalisent des pièces en grosse quantité, qui disparaissent, ici, on coule quelques chose de durable." Et l'idée demeure bien de restituer la création aux Bragards.

Daniel Muraz. Journal de la Haute-Marne, le 26 janvier 2002.

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